Contexte
Le suicide est l’une des trois causes principales de décès pour les adolescents et les jeunes adultes. Depuis 1994, un partenariat entre les HUG et la Fondation Children Action a donné lieu à une unité de crise offrant des soins, des recommandations et un suivi sur plusieurs semaines des jeunes à risque suicidaire et leurs proches : "Malatavie". Il apparaît ainsi qu’un suivi sur plusieurs années serait éminemment souhaitable au-delà de l'hospitalisation et de la période de crise, pour maintenir un lien avec ces jeunes et, bien sûr, faire diminuer les risques de récidive.
Projet
Ce projet propose de maintenir le lien avec les jeunes patients ayant fait une tentative de suicide et de les observer afin d’identifier les facteurs de risques, en collaboration étroite avec les médecins traitants, les familles et les proches. Il s'appuie sur un binôme psychologue-infirmier en contact régulier avec le patient, par SMS et entretiens, à 6 mois, 1 an et deux ans. Ce binôme met en place un nouveau volet d'itinéraire clinique dans le réseau de soins et encourage l’implication active du jeune patient.
Où en sommes-nous ?
Mars 2026 : Ce projet vise à renforcer et prolonger le lien thérapeutique avec des adolescentes et adolescents hospitalisés suite à une tentative de suicide, à un moment où le risque de rupture de soins est particulièrement élevé. S’inscrivant dans la continuité des dispositifs développés au sein de MALATAVIE – Unité de crise, il propose un suivi structuré et personnalisé sur une durée de six mois après la sortie d’hospitalisation.
L’intervention repose sur une prise de contact précoce, un travail de coordination avec la famille et les thérapeutes externes, ainsi que sur des rappels réguliers et symboliques du lien : messages manuscrits, SMS à des moments clés, bracelets porteurs de messages positifs. L’objectif est simple mais essentiel : rappeler au jeune, dans la durée, qu’il n’est pas seul et que des ressources restent disponibles, même lorsque la crise semble passée.
Sur la période du projet, 23 adolescents âgés de 12 à 18 ans ont été inclus, pour une moyenne d’âge de 15,4 ans, majoritairement des jeunes filles (78 %). Le recrutement s’est fait principalement à MALATAVIE (87 %), avec un dispositif de veille permettant d’identifier rapidement les situations après tentative de suicide. Le suivi a donné lieu à 184 messages envoyés, 138 courriers et bracelets, et à des contacts réguliers avec les familles et les thérapeutes. Malgré la vulnérabilité de la population, près d’un tiers des messages (32–37 %) ont suscité des réponses spontanées, témoignant d’un engagement réel des jeunes dans le dispositif.
Cheffe et Chef de projet
Docteure Anne Edan, Médecin adjointe responsable d'unité, Service de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, Département de l'enfant et de l'adolescent, Hôpitaux universitaires de Genève
Docteur Remy Barbe, Médecin adjoint responsable d'unité, Service de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, Département de l'enfant et de l'adolescent, Hôpitaux universitaires de Genève
