Contexte
Le chemsex désigne l’usage de substances psychoactives afin de faciliter, d’intensifier et de prolonger les rapports sexuels, parfois sur plusieurs jours et avec des partenaires multiples. Cette pratique concerne majoritairement des hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes. Si elle est majoritairement vécue positivement, elle expose les personnes concernées à certains risques, tant physiques que psychiques : infections sexuellement transmissibles, interactions médicamenteuses, surdosages, dépendance, troubles de la fonction sexuelle, situations de non-consentement, ainsi que des répercussions sur la vie sociale et professionnelle.
Projet
Ce projet vise à réduire ces risques et à accompagner les usagers et usagères de chemsex grâce à un parcours de soins et de prévention adapté, au sein des HUG. Il comprend notamment une hotline téléphonique dédiée au personnel soignant lors de l’identification d’une situation de chemsex ou directement aux personnes concernées, la sensibilisation du personnel des services de première ligne et la formation de personnes de référence dans ces services, une consultation infirmière axée sur la réduction des risques, ainsi qu’une collaboration étroite avec les services d’addictologie et les associations de santé communautaires.
Où en sommes-nous ?
Avril 2026 : 35 patientes et patients ont déjà pu bénéficier de la nouvelle consultation en chemsex ouverte en automne 2025. L’itinéraire qui leur est proposé prévoit des consultations avec un médecin, une infirmière proposant des consultations en réduction des risques, une psychologue-sexologue, des addictologues et un pair aidant, qui est également infirmier spécialisé en santé sexuelle au Checkpoint Genève. Une hotline permet au personnel médical et soignant des HUG de contacter l’équipe spécialisée en chemsex pour une aide ou consultation sur site durant la semaine.
Le personnel médico-soignant des services exposés en première ligne aux personnes pratiquant le chemsex est sensibilisé à cette problématique au travers de séances de formation animées par l’équipe projet. 28 soignants et soignantes ont été identifiées comme personnes de référence pour le chemsex au sein de ces services. L’équipe projet propose également des formations aux acteurs locaux agissant sur les questions de santé sexuelle ou d’addiction. A ce jour, plus de 600 personnes ont été sensibilisées à la thématique du chemsex.
Enfin, ce projet a fait l’objet d’une importante couverture médiatique, contribuant ainsi à informer le grand public et à ouvrir l’accès de la consultation aux personnes concernées.
Cheffes et chef de projet
Docteur Mattéo Reymond, Médecin interne, Service des Maladies infectieuses, Département de médecine, Hôpitaux universitaires de Genève
Professeure Alexandra Calmy, Directrice de centre, Service des Maladies infectieuses, Département de médecine, Hôpitaux universitaires de Genève & Professeure ordinaire, Département de médecine, Faculté de médecine de l’Université de Genève
Docteure Sara Arsever, Médecin adjointe responsable d'unité, Service de médecine de premier recours, Département de médecine de premier recours, Hôpitaux universitaires de Genève & Docteure, Unité de Développement et de Recherche en Éducation Médicale, Faculté de médecine de l’université de Genève
