Contexte
En 2020, l'OMS a lancé une initiative mondiale pour l'élimination du cancer du col de l'utérus en tant que problème de santé publique en fixant un objectif de 70 % de femmes dépistées. Ce cancer, responsable de plus de 300’000 décès annuels à l’échelle mondiale, peut être évité par un dépistage et un traitement précoces. Plus de 98 % des décès surviendront dans les pays à faibles ressources économiques, parmi lesquels 90 % en Afrique subsaharienne. Les infections à papillomavirus humain (HPV), transmises en grande partie sexuellement, sont une cause majeure du développement de ce cancer. L’absence d’un dépistage systématique, avec prise en charge appropriée des cas détectés, explique la forte mortalité dans les pays à faibles ressources où la vaccination préventive est encore inaccessible. Des stratégies innovantes et spécialement pensées pour les pays à revenu faible et intermédiaire s’avèrent nécessaires, spécialement dans les zones rurales. En effet, même lorsque des programmes efficaces de dépistage sont disponibles pour la population, ils ne sont pas suffisamment utilisés.
Projet
Une première campagne de dépistage a confirmé la haute prévalence de lésions précancéreuses et cancéreuses du col utérin dans le collectif de femmes examinées. Elle a également révélé que le Cameroun manquait d’infrastructures et de pathologistes pour la cytologie. Pendant les huit années qui ont suivi, le programme a évolué avec la formation du personnel de santé local ainsi que l’optimisation du dépistage, du traitement et du suivi des patientes.
Où en sommes-nous ?
Mars 2026 : Au cours de la dernière année du projet, les activités de dépistage du cancer du col de l’utérus se sont poursuivies et consolidées dans l’Ouest du Cameroun, en particulier dans les régions de Dschang, de la Mifi et de Bafoussam. Cette période a été marquée par la poursuite du dépistage gratuit des femmes à risque, l’achèvement de certains suivis cliniques et l’extension des activités vers de nouveaux sites, notamment l’ouverture d’un centre de dépistage au CHU de Yaoundé. Le projet a combiné des actions de terrain, telles que l’auto‑prélèvement HPV et la prise en charge des lésions précancéreuses, avec des études cliniques visant à améliorer les stratégies de triage et l’accès au dépistage. La formation continue des professionnels et des professionnelles de santé et du personnel de relais communautaires ainsi qu’une mobilisation communautaire renforcée ont permis d’ancrer durablement les pratiques de prévention dans les structures locales et d’augmenter la participation des femmes au dépistage. Au total de ce projet, plus de 5 800 femmes ont pu être dépistées et bénéficier de cette prise en charge.
Chef de projet
Professeur Patrick Petignat, Médecin-chef de service, Service de gynécologie, Département de la femme, de l'enfant et de l'adolescent, Hôpitaux universitaires de Genève & Professeur ordinaire, Faculté de médecine, Département de pédiatrie, gynécologie et obstétrique, Université de Genève
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